Dessie, 4 Octobre 2021 - « Nous avons tout laissé derrière nous et n'avons rien emporté. Je me souviens m'être précipitée pour partir et nous mettre en sécurité » raconte Hanan*, mère de cinq enfants, âgée de 30 ans.

Elle fait partie des milliers de personnes déplacées qui ont trouvé refuge dans les écoles de la ville de Dessie, dans la zone du Sud Wollo, après que le conflit dans la région du Tigré a gagné la région voisine d'Amhara.

Hanan et deux de ses enfants dans une école transformée en site de déplacement à Dessie, en Ethiopie. Photo : OIM/Sasha Lipton

Si certaines familles déplacées peuvent louer un logement ou rester chez des parents ou amis, beaucoup campent dans l'une des 13 écoles mises à disposition par les autorités locales. Les conditions sont difficiles, avec 35 à 55 personnes par classe, dont des personnes âgées, des personnes souffrant de problèmes de santé et des enfants, certains âgés d'à peine deux mois.

Lorsque les affrontements ont éclaté dans sa ville natale de Habru (un woreda, ou district, dans le nord Wollo), Hanan a immédiatement fui avec son mari, leurs cinq enfants âgés de 2 à 17 ans et sa mère âgée.

CARE Éthiopie travaille en étroite collaboration avec les autorités et les comités locaux dans chaque site de déplacement pour s'assurer que tout le monde est informé de l'aide et que les distributions sont organisées et sûres. Photo : OIM/Sasha Lipton

« J'ai vu des maisons être incendiées et des commerces pillés. C'est pourquoi nous avons décidé d’entreprendre le difficile périple vers le sud pour notre sécurité », raconte-t-elle.

Hanan et sa famille ont voyagé pendant quatre jours à pied sur plus de 30 kilomètres, dormant dans la forêt, avant d'arriver à Wichale où ils ont pris un bus pour la ville de Dessie. À leur arrivée, ils ont été envoyés à la « Sunday Market School » où plus de 700 personnes déplacées du woreda de Habru sont actuellement hébergées. Elle se trouve à l'école depuis trois semaines et dépend des dons de nourriture de la communauté locale en attendant de savoir quand elle pourra rentrer chez elle.

Le fonds de réponse rapide de l'OIM

Dans la ville de Dessie, le Fonds de réponse rapide de l'OIM travaille avec CARE Ethiopie pour fournir des articles ménagers de première nécessité aux personnes les plus vulnérables parmi les personnes récemment déplacées. Grâce à une coordination étroite avec les bureaux régionaux et zonaux de gestion des risques de catastrophe (DRMO) du gouvernement éthiopien, 2 500 ménages ont été identifiés pour recevoir des kits d'articles ménagers, notamment des couvertures, des matelas, des ustensiles de cuisine et des jerrycans.

Voici la seule école privée qui accueille des personnes déplacées dans la ville de Dessie. La propriétaire et directrice a décidé de l'ouvrir pour accueillir les déplacés internes dès qu'elle a entendu parler du déplacement et a exprimé qu’il est un devoir éthiopien d'aider. Photo : OIM/Sasha Lipton

Hanan et sa famille ont été parmi les premiers à recevoir cette aide. « Tout ce qui se trouve dans ce kit nous est utile », confie Hanan. « Même le seau pour nous laver les mains est nécessaire », souligne-t-elle.

Si cette distribution d'articles ménagers fait partie des premiers efforts pour soutenir les personnes récemment déplacées à Dessie, une aide bien plus importante est nécessaire pour répondre aux besoins urgents en matière de nourriture, d'abris, de soins médicaux, d'hygiène et d'assainissement et pour soutenir les nombreuses familles déplacées hébergées au sein de la communauté d'accueil.

Hanan et ses enfants vivent dans cette salle de classe depuis trois semaines, partageant l'espace avec 54 autres femmes et enfants déplacés du woreda de Habru. Les hommes sont logés dans un bloc séparé à l’intérieur de l'école. Photo : OIM/Sasha Lipton

« En tant que chef de file du Groupe sectoriel chargé des abris/articles non alimentaires (ANA), l'OIM travaille en étroite collaboration avec les partenaires du Groupe pour répondre aux besoins urgents de plus de 2 millions de personnes déplacées par le conflit et les catastrophes en Ethiopie. Grâce au pipeline d'abris et d’ANA géré par l'OIM, ces besoins urgents peuvent être satisfaits rapidement. Avec l’aide supplémentaire des donateurs, l'OIM et ses partenaires pourront répondre aux besoins urgents en abris et ANA de 50 000 personnes vulnérables », déclare Christina Burwell, responsable du programme de l'OIM en Ethiopie.

CARE Ethiopie assure la coordination avec les autorités locales et les autres ONG opérant à Dessie. Photo : OIM/Sasha Lipton

Financé par le Bureau de l’aide humanitaire (BHA) de l'USAID, le Fonds de réponse rapide de l'OIM vise à répondre aux besoins humanitaires urgents des populations les plus vulnérables, notamment celles qui sont touchées par les nouveaux aspects des crises en cours et les catastrophes naturelles ou causées par l'homme, en fournissant un mécanisme de décaissement de fonds flexible, efficace et basé sur les besoins, aux acteurs humanitaires opérant dans le cadre de la réponse d'urgence.

*Les noms ont été modifiés pour protéger leur identité.

Cette histoire a été écrite par Sasha Lipton, responsable de programme, OIM Ethiopie.